Eglise Evangélique du Gabon : le prochain Synode national sous le signe de la transparence et de la restauration de la confiance
Une dynamique impulsée par le Comité de sages et l’Administration provisoire, en phase avec les attentes du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité. Du 2 au 6 décembre 2026, l’Église Évangélique du Gabon tiendra à Baraka-Mission son Synode national de renouvellement de mandat. Un rendez-vous particulièrement attendu, qui intervient après une période de turbulences ayant mis à rude épreuve la cohésion et la confiance au sein de l’institution.
Dans notre précédente réflexion intitulée « Autopsie du Synode passé », nous avions relevé plusieurs insuffisances dans les mécanismes de gouvernance et de représentation. L’enjeu aujourd’hui n’est donc pas simplement de renouveler les dirigeants, mais de tirer les leçons de cette expérience pour éviter que les mêmes difficultés ne se reproduisent.
À cet égard, les dispositions annoncées par l’Administration provisoire dans sa circulaire du 21 octobre 2026 constituent un signal encourageant. En exigeant la tenue de conseils presbytéraux extraordinaires, la production de procès-verbaux détaillés et la transmission préalable des dossiers des délégués, elle inscrit la préparation du Synode dans une démarche de traçabilité et de vérification. Cette orientation, portée avec l’accompagnement du Comité de sages, rejoint les exigences de transparence et de régularité attendues par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité.
Une autre disposition mérite une attention particulière : l’exigence de résidence des délégués dans le lieu d’implantation de leur paroisse. Cette question n’est pas anodine. Il arrive en effet que des fidèles, bien qu’originaires de paroisses situées dans les villages de l’intérieur du pays, résident depuis de nombreuses années à Libreville, Port-Gentil, Franceville ou Lambaréné, où ils ont établi leur vie et leur pratique religieuse. Certains y exercent même des responsabilités au sein des conseils presbytéraux, tout en continuant de revendiquer leur appartenance à leur paroisse d’origine à l’occasion des consultations synodales.
Cette situation appelle une clarification. Dès lors qu’un fidèle a établi son engagement paroissial dans une communauté et y exerce des responsabilités, sur quel fondement peut-il solliciter sa désignation comme délégué d’une autre paroisse au seul motif de ses origines ? L’attachement à son village natal est parfaitement légitime, mais il ne saurait se substituer aux critères d’appartenance et de représentation paroissiales. La transparence exige donc que chaque délégué représente effectivement la communauté dans laquelle il est engagé, conformément aux textes de l’Église.
Mais la transparence ne saurait s’arrêter à la désignation des délégués. Elle doit également s’étendre aux candidatures à la présidence de l’Église. L’examen des dossiers et la vérification des conditions d’éligibilité constituent une étape déterminante. Les critères requis doivent être clairement établis, connus de tous et appliqués de manière uniforme, sans considérations personnelles ni traitement préférentiel.
Chaque candidature doit ainsi faire l’objet d’un examen rigoureux, objectif et équitable, dans le respect des dispositions statutaires et réglementaires de l’EEG. Il ne s’agit pas de favoriser ou d’écarter une personnalité, mais de garantir que tous ceux qui aspirent à cette haute responsabilité soient soumis aux mêmes exigences.
De la même manière, les modalités de recherche du consensus, le recours au vote et la proclamation des résultats doivent être encadrés par des règles précises. Les enseignements du précédent Synode devraient précisément servir de référence pour éviter que les mêmes incompréhensions ne ressurgissent. Le consensus ne doit pas être confondu avec un simple ralliement de circonstance, pas plus qu’il ne doit servir à contourner le droit au vote lorsque les textes prévoient une élection.
Le Comité de sages et l’Administration provisoire ont ainsi une responsabilité essentielle : faire de ce rendez-vous une véritable étape de restauration institutionnelle. Les premières dispositions annoncées méritent d’être saluées et encouragées. Leur crédibilité dépendra toutefois de leur application effective et de l’impartialité avec laquelle chaque étape sera conduite.
L’Église Évangélique du Gabon n’a pas seulement besoin de nouveaux dirigeants. Elle a besoin de retrouver la confiance de ses fidèles et le respect de ses propres règles.
À Baraka-Mission, le véritable enjeu ne sera pas la victoire d’un camp sur un autre, mais celle de la transparence sur les intérêts particuliers, de la confiance sur la suspicion et de l’unité sur les divisions.
La transparence ne se proclame pas : elle se construit et se démontre.
A/E. Eugène-Boris ELIBIYO






