Parlement Gabonais des Jeunes : une réforme attendue pour une institution plus représentative et conforme aux standards internationaux.
Faisant suite aux Très Hautes Instructions du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema devant le Congrès, puis de la récentes communication du Président de l’Assemblée Nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye relatives au processus de sélection de deux jeunes appelés à représenter le Gabon au Parlement francophone des jeunes de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), de nombreux jeunes continuent d’exprimer l’espoir de voir aboutir, dans les meilleurs délais, le processus de Redynamisation du Parlement Gabonais des Jeunes.
Cette attente est d’autant plus forte que, parallèlement, le processus de redynamisation du Conseil National de la Jeunesse du Gabon connaît déjà une évolution encourageante avec la mise en place d’un comité de normalisation. En revanche, concernant le Parlement Gabonais des Jeunes, aucune communication officielle n’a, à ce jour, annoncé la création d’une commission technique ou d’un comité chargé de conduire la réflexion sur sa réorganisation, ses textes, sa composition et son mode de désignation.
Pourtant, les expériences internationales montrent qu’un Parlement des Jeunes constitue une véritable école de citoyenneté et de leadership. Le Parlement francophone des jeunes (APF) réunit 80 jeunes issus de 41 pays. Le Royaume-Uni dispose d’un Parlement de 369 jeunes, le Bénin de 109, la Côte d’Ivoire de 255, le Niger de 171, le Cameroun d’environ 180 et le Congo de 137, avec des jeunes généralement âgés de 18 à 35 ans, selon les législations nationales.
Ces différents modèles démontrent qu’il n’existe pas un modèle unique. Chaque État adapte son Parlement des Jeunes à sa réalité démographique, territoriale, institutionnelle et sociale, tout en respectant les principes de représentativité, d’inclusion et de participation citoyenne.
Le Gabon dispose lui aussi de cette opportunité. Autrefois, le Parlement Gabonais des Jeunes comptait plus de 61 jeunes parlementaires, représentant les différentes provinces du pays. La récente sélection de deux jeunes constitue une excellente initiative pour représenter la section gabonaise lors d’une activité du Parlement francophone des jeunes de l’APF. Toutefois, il importe de préciser qu’il s’agit d’une sélection de deux représentants de la Jeunesse à une activité internationale, et non de la mise en place du Parlement Gabonais des Jeunes, lequel suppose un processus national beaucoup plus large, inclusif et représentatif.
Dans cette perspective, Emmanuel Obakamba Ombana Estime que le futur Parlement Gabonais des Jeunes pourrait utilement tenir compte des réalités nationales en associant les neuf provinces, les élèves, les étudiants, les jeunes entrepreneurs, les organisations de jeunesse, les mouvements associatifs, les jeunes vivant avec un handicap, ainsi que la diaspora. Cette diversité renforcerait sa légitimité et sa capacité à porter la voix de l’ensemble de la jeunesse gabonaise.
Conformément aux usages de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, le Parlement des Jeunes relève institutionnellement de l’Assemblée Nationale, son processus de construction gagnerait néanmoins à associer les ministères sectoriels concernés, notamment ceux en charge de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, ainsi que les organisations de jeunesse légalement constituées, qui constituent les principaux espaces d’engagement des jeunes.
En sa qualité de citoyen engagé, de Coordonnateur Général du Forum National des Organisations de Jeunesse et d’ancien Président par intérim du Parlement Gabonais des Jeunes, Emmanuel Obakamba Ombana rappelle que la participation au débat public sur les questions de jeunesse relève de l’exercice normal de la citoyenneté garanti par la Constitution. Son souhait est que les travaux annoncés par le Président de la République, Chef, Chef du Gouvernement permettent de doter le Gabon d’un Parlement des Jeunes moderne, crédible, inclusif et pleinement conforme aux standards observés dans les autres pays francophones.
Enfin, il souligne que le rôle des collaborateurs et conseillers des institutions est essentiel : bien conseiller les autorités, c’est leur fournir des analyses comparatives, des données objectives et les meilleures pratiques internationales afin que chaque réforme engagée renforce davantage l’image et le rayonnement des institutions de la République. Pour une jeunesse qui représente une part importante de la population gabonaise, la mise en place d’un Parlement des Jeunes fort, représentatif et durable constituerait un signal fort de confiance envers la relève nationale.
MTM/EOO






