L’UDB à l’épreuve de l’inclusivité : pour un sursaut avant le Premier Congrès

6 août 20260
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« Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès. »
Nelson Mandela, ancien président de la République d’Afrique du Sud et artisan de la réconciliation entre les peuples. D’emblée, en ma qualité de militant et de Conseiller stratégique de l’UDB Diaspora, un constat s’impose, même si de nombreuses personnalités influentes préfèrent le maintenir sous silence. L’UDB Diaspora est devenue le miroir des dysfonctionnements observés au sein de l’UDB au Gabon.

À l’origine, bien au-delà d’une déclaration d’intention, le cap fixé par le Président fondateur, le Compatriote Brice Clotaire Oligui Nguema, en juillet 2025, s’enracine dans une ligne fondatrice, une solide ligne directrice ayant pour objectif de faire de l’UDB un grand parti inclusif.

Selon son Président fondateur, l’UDB se veut ouverte à toutes les compétences, à toutes les sensibilités patriotiques et à toutes les énergies prêtes à servir le Gabon. En effet, l’inclusivité n’est pas un slogan. C’est une méthode de gouvernance articulée autour de l’écoute, du dialogue et de la participation de tous. Elle revient à associer les compétences, à respecter les différences, à valoriser les qualités patriotiques, en un mot, l’ensemble des talents mobilisés et des volontés actives.

De même, elle intègre le choix de privilégier l’intérêt général au détriment des appartenances personnelles, des logiques de clans, des regroupements d’exclusion, des menaces, des dénonciations contre les compatriotes et de toute forme d’intimidation.

Elle est guidée par un principe essentiel : aucun apport utile à la Nation ne doit être écarté dès lors qu’il respecte les valeurs communes, la volonté de servir le Gabon et son peuple.

À ce titre, l’inclusivité du Père fondateur de l’UDB, le Compatriote Oligui Nguema, c’est aussi aller chercher et convaincre les compatriotes, entre autres Jean-Valentin Leyama et Michel Ongoundou Loundah, qui formulent, le plus souvent, un regard critique nourri de réflexion et d’exigence intellectuelle sur la politique du Chef de l’État, les orientations du gouvernement ou certaines actions publiques.

C’est leur donner l’occasion de prendre pleinement part au débat national, d’exprimer leurs points de vue et d’apporter leur concours à la construction du Gabon. C’est enfin tout mettre en œuvre pour intégrer les compatriotes susmentionnés au sein de notre parti, l’UDB.

Pour mémoire, Pensée Patriotique est à l’origine de l’UDB. Elle rassemble une grande majorité de Gabonaises et de Gabonais qui, pendant des décennies, ont contesté l’ancien régime et animé l’opposition.

Cependant, c’est là que se dévoile la contradiction originelle. L’UDB est donc née de l’opposition, mais accueille aujourd’hui de nombreux dirigeants nommés, venus du PDG ou de ses alliés, qui importent les mêmes pratiques que sous le régime déchu d’Ali Bongo.

Ce fait, observable dans les neuf provinces et au sein de la diaspora, explique aussi pourquoi de nombreuses voix, dont la mienne, sont écoutées, mais toujours marginalisées. En effet, nous venons d’une tradition d’opposition historique, principielle, structurée, exigeante, patriote et républicaine.

Nous défendons avec conviction, sans calcul politicien, le respect des statuts, des textes en vigueur du parti et de la ligne du Chef de l’État. Nous refusons d’être considérés comme des figurants politiques ou d’être traités comme l’étaient les militantes et militants de l’ancien Parti communiste de l’URSS, souvent réduits au silence, soumis à une discipline rigide et privés de toute capacité d’initiative.

De plus, la réalité impose de constater, hélas, que l’orientation, la volonté et le projet présidentiels se trouvent aujourd’hui fragilisés par les pratiques d’un cercle restreint de responsables de l’UDB qui privilégient les réseaux d’influence au détriment des statuts du parti. Une telle méthode favorise le clan plutôt que l’intérêt général, la loyauté personnelle plutôt que la valeur républicaine, et un conformisme routinier plutôt que le débat d’idées.

Face à un tel environnement, précisons les exigences cardinales qui doivent guider un parti présidentiel et garantir sa solidité interne ainsi que sa stabilité organisationnelle. Un grand parti présidentiel ne peut fonctionner comme un cercle fermé. Il doit vivre de la contradiction constructive, de l’application des textes et de la diversité des talents, tout en mobilisant les synergies qui consolident son effort coordonné et sa dynamique commune.

Dès lors, comment édifier un parti présidentiel solide, respecté, pérenne et exemplaire lorsque ses propres règles cessent d’être appliquées ?

À titre personnel, en qualité de Conseiller stratégique de l’UDB Diaspora, j’ai produit, depuis ma nomination par le Président fondateur, un travail de réflexion et de réorganisation, accompagné de propositions opérationnelles. J’ai transmis au Président fondateur et président de l’UDB plus d’une dizaine de fiches techniques destinées à apporter des éléments d’analyse et des outils de travail afin d’améliorer la rigueur fonctionnelle de notre organisation. Un tel travail procède avant tout d’un esprit de service et de disponibilité, au regard de la confiance qui m’a été accordée et de la mission qui m’a été confiée.

Par ailleurs, les documents susmentionnés ont été transmis au cabinet du Vice-président chargé de la Diaspora, qui m’a confirmé par écrit leur acheminement au Président fondateur, via le Secrétariat général.

En outre, mes fiches techniques abordaient des sujets d’intérêt national. Elles portaient en particulier sur la crise de l’Éducation nationale et les enjeux liés à l’amélioration du système éducatif. Elles traitaient également de plusieurs défis stratégiques liés au développement économique, social et institutionnel du pays, ainsi que des problématiques écologiques, militaires et sécuritaires, dans un environnement international marqué par de profonds bouleversements.

Or, depuis ma nomination en juillet 2025, je n’ai, jusqu’à présent, reçu aucune correspondance officielle du Secrétariat général, pas même un simple accusé de réception. Malheureusement, mon cas n’est pas isolé.

De nombreux militants et cadres de l’UDB vivent la même réalité. L’absence de suivi administratif affaiblit le fonctionnement interne du parti et décourage les dynamiques citoyennes d’envergure au sein de la diaspora gabonaise.

De même, les organes de l’UDB, tels que le Haut Conseil politique, la Commission d’expertises sectorielles, la Commission d’éthique, de médiation et d’arbitrage ainsi que le Secrétariat général, affichent aujourd’hui une efficacité réduite en raison d’un déficit de coordination, d’un impact limité de leurs travaux sur les décisions du parti et d’une difficulté à traduire les orientations en initiatives opérationnelles.

En pratique, les structures existent, mais leur fonctionnement reste peu dynamique. Les expertises sont insuffisamment valorisées, les mécanismes de médiation peinent à prévenir les tensions internes et le suivi des décisions manque de rigueur. En effet, l’UDB ne dispose pas de moyens modernes permettant de joindre instantanément le cabinet du Secrétariat général.

Les grands partis présidentiels utilisent des plateformes sécurisées, des messageries professionnelles, des systèmes de visioconférence et des réseaux internes dédiés à la coordination et à la communication interne.

Par ailleurs, il est utile de signaler l’existence de fortes tensions dans plusieurs délégations provinciales. Ces tensions opposent les membres de Pensée Patriotique à un petit clan issu de l’ancien système, qui cherche à tout contrôler.

De surcroît, on observe également une stratégie d’exclusion de certains membres, en particulier de celles et ceux animés par une pensée patriotique. C’est un phénomène qui se manifeste dans de nombreuses provinces ainsi qu’au sein de la diaspora. Il entretient les tensions et affaiblit l’esprit de rassemblement interne.

À cet égard, l’un des exemples les plus symptomatiques concerne l’organisation financière du parti. L’UDB repose, selon son organisation interne, sur un Trésorier général assisté de deux trésoriers adjoints et d’agents de recouvrement désignés dans les neuf provinces ainsi que dans la diaspora. Selon l’article 43 des statuts, les ressources et les dépenses du parti sont gérées par le Trésorier général et ses deux adjoints, qui en répondent personnellement et pécuniairement.

Or, un dysfonctionnement existe. La mise en place parallèle de trésoriers dans les provinces et la diaspora a créé une situation de confusion dans l’organisation du parti, remettant en cause les prérogatives définies par les textes internes. Ensuite, en marge de la visite d’État du Président de la République en France, l’UDB France a organisé, aux Salons Hoche, un événement qui n’a rassemblé qu’une cinquantaine de personnes, essentiellement le même groupe de femmes travaillant avec la Vice-présidence.

À titre comparatif, il est difficile d’imaginer, à l’époque de la grande dualité politique, une mobilisation aussi faible. Lorsque le feu Président Omar Bongo Ondimba était représenté à Paris, par exemple par le Secrétaire général du PDG, les rassemblements étaient d’une tout autre ampleur.

Les déplacements d’Ali Bongo attiraient un public moins nombreux, mais une mobilisation existait tout de même, notamment à Bordeaux et, dans une moindre mesure, à Paris. De même, du côté de l’opposition, les mobilisations étaient tout aussi impressionnantes.

Jean Ping, par exemple, avait été accueilli par plus de 30 000 compatriotes au Trocadéro, le 29 octobre 2016. Les venues des regrettés Pierre Mamboundou et André Mba Obame donnaient également lieu à de fortes mobilisations. Dans le même esprit, Pensée Patriotique a rempli de grandes salles dans plusieurs capitales occidentales pendant l’élection présidentielle de 2025.

Ce fut le cas à Paris, Bordeaux et Bruxelles. J’ai eu le privilège d’organiser ces rencontres publiques avec le soutien de la Présidence du mouvement, de mes trois adjoints commissaires généraux et de l’ensemble de l’équipe. À Bordeaux, nous avons réuni plus de 800 compatriotes dans une seule salle.

Dans la diaspora gabonaise, le fonctionnement actuel de l’UDB soulève également de nombreuses interrogations. Au-delà du faible engouement de nos compatriotes, la question des nominations alimente de sérieuses réserves. Celles-ci ont été effectuées sans fondement statutaire explicite.

Des délégués et d’autres cadres ont été désignés par la Vice-présidence sans l’accord du Secrétariat général et, surtout, du Président fondateur. Or, aucun texte du parti ne confère au Vice-président chargé de la Diaspora une compétence l’habilitant à nommer ou à écarter librement des cadres.

Il ne lui donne pas davantage le pouvoir d’empêcher un Conseiller stratégique de participer à une réunion officielle organisée autour du Président fondateur ou d’un haut cadre du parti. Par ailleurs, s’y greffent les comportements regrettables de quelques individus ainsi désignés, en contradiction avec l’esprit patriotique et républicain du parti.

Lors de la cérémonie officielle marquant le premier anniversaire de l’UDB, le samedi 1er août 2026, plusieurs militants ont assisté avec consternation à l’humiliation publique du Conseiller stratégique UDB Diaspora, le Compatriote Prince Arsène Ménié.

Le protocole avait été organisé de manière à l’écarter des officiels, parmi lesquels figuraient notamment le délégué France, le député de la deuxième circonscription de la diaspora et le Président national des Jeunes de l’UDB. Une militante lui a même affirmé qu’il « n’était pas prévu parmi les invités » et que « la table des officiels était pleine ». Une telle affirmation s’avérait erronée, car sa présence avait été signalée avant le début de la cérémonie.

À ce propos, je garde également en mémoire la réunion organisée aux Salons Hoche, à Paris, en marge de la visite d’État du Président de la République. Le Directeur de cabinet du Président fondateur y avait insisté avec fermeté sur le fait que l’UDB devait rester un parti ancré dans l’inclusivité, le respect mutuel et le rassemblement. C’est un principe qui conserve aujourd’hui toute sa pertinence.

Désormais, le Premier Congrès de l’UDB constitue un rendez-vous historique. Il doit être celui de la clarification, de la stabilité institutionnelle, du respect scrupuleux des statuts et de la consolidation de la démocratie interne.

En effet, le 30 août 2023, nos Forces de défense et de sécurité, réunies au sein du CTRI, ont ouvert une nouvelle ère de notre histoire nationale. Ce tournant appelle une culture politique patriotique et républicaine. L’UDB ne peut reproduire les habitudes qui ont conduit à la rupture du 30 août. Elle doit concilier les exigences du temps présent avec la préservation de nos us et coutumes.

Enfin, aujourd’hui encore, l’UDB France ne dispose pas de cellules régulièrement installées dans plusieurs grandes villes françaises, ni dans des espaces stratégiques de la diaspora comme le Benelux ou les États-Unis, qui comptent pourtant parmi les principaux bastions du Président Brice Clotaire Oligui Nguema. Cette situation doit être corrigée sans délai.

In fine, ne faisons plus semblant d’ignorer les dysfonctionnements observés au sein de l’UDB si nous voulons être à la hauteur des grands défis de notre époque : défis sociaux, économiques, environnementaux, sécuritaires, technologiques et géopolitiques.

Notre aptitude à regarder ces réalités en face et à y apporter des réponses appropriées sera déterminante pour préparer l’avenir, dans un contexte où une opposition encore faible aujourd’hui pourrait progressivement se structurer face à un peuple gabonais dont les attentes et les choix demeurent imprévisibles. En ce sens, l’UDB s’inscrit dans l’élan patriotique impulsé par Pensée Patriotique, mouvement au sein duquel j’ai exercé les fonctions de Haut-Commissaire général pour la Diaspora.

Avec nos équipes, nous avons démontré notre capacité de mobilisation militante et patriotique sur le terrain en apportant un soutien indéfectible au Président Brice Clotaire Oligui Nguema. Cette capacité de mobilisation reste intacte. Nous sommes prêts à poursuivre cette œuvre avec la même détermination dans le cadre de l’UDB.
Toutefois, un principe cardinal doit guider notre action : Le Respect, Rien Que Le Respect.

Nous souhaitons que l’UDB devienne un véritable parti présidentiel au service du peuple, fidèle à ses statuts, ouvert à toutes les compétences et libéré des pratiques héritées de l’ancien système politique dont le PDG fut le centre de gravité. L’UDB appartient à l’ensemble de ses militantes et de ses militants. Elle ne saurait être la propriété d’un groupe, d’un clan ou d’une sensibilité particulière, encore moins la seigneurie d’un individu qui s’arrogerait un pouvoir absolu.

Ainsi, l’UDB doit mieux s’organiser. Chaque organe doit respecter son mandat. La discipline, l’exemplarité, la sagesse bantoue, le respect, le sens de l’intérêt général et le devoir de rendre compte doivent devenir les repères du fonctionnement du parti et de l’action politique.

Par ailleurs, l’UDB doit également proscrire sans ambiguïté les comportements de prédation relationnelle et toute forme d’abus d’autorité à des fins personnelles. De telles pratiques instrumentalisent les relations interpersonnelles ou instaurent une domination sur des membres exposés, en particulier des militantes. Elles sont incompatibles avec l’éthique du parti.

Désormais, nous attendons la tenue du Premier Congrès de l’UDB. Celui-ci devrait donner toute sa place à l’expression des militantes et militants de base. Il devrait favoriser un débat fécond, franc, structuré et approfondi, puis consolider durablement l’unité du parti autour des orientations définies par le Président fondateur, président du parti, Brice Clotaire Oligui Nguema.

Surtout, ce Premier Congrès devrait également mettre en place des structures du parti animées par des représentants en phase avec une large majorité de la base. Leur légitimité doit découler de l’adhésion des militantes et militants, et non de désignations contestables.

Nous sommes favorables à l’inclusivité, mais pas à une démarche instrumentalisée par des individus liés à l’ancien régime, qui cherchent à perpétuer des pratiques dépassées. Notre parti ne doit pas reproduire les méthodes qui ont conduit à la chute de ce régime le 30 août 2023. Car un parti politique qui cesse d’entendre la voix de celles et ceux qui le composent finit inévitablement par s’éloigner de sa raison d’être.
Les Saintes Écritures nous enseignent, dans le Livre des Proverbes (29,18) : « Là où il n’y a pas de vision, le peuple est sans frein. »

Paris, le 5 août 2026
Dr Jean-Aimé MOUKETOU
Militant et Conseiller stratégique UDB Diaspora
E-mail : drmouketourecoit@gmail.com

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