"Je salue le leadership de Son Excellence Dr Felipe Paullier à la tête du Bureau des Nations Unies pour la Jeunesse"
30 ans après le Programme d’Action Mondial pour la Jeunesse, 8 ans après Youth2030 et 4 ans après la Création du Bureau des Nations-Unies pour la Jeunesse et les Affaires, Emmanuel Obakamba Ombana appelle à bâtir une « ONU de la Jeunesse de Proximité », plus proche des réalités des Continents, des Régions, des Sous-Régions, des États et des Jeunes.
Libreville, le 21 juillet 2026
À
Son Excellence Dr Felipe PAULLIER.
Sous-Secrétaire général des Nations Unies chargé des Affaires de la Jeunesse.
Chef du Bureau des Nations Unies pour la Jeunesse.
New York – États-Unis d’Amérique.
Objet : Lettre Ouverte de Contribution stratégique à la consolidation de la gouvernance mondiale de la jeunesse dans le cadre de la Stratégie Youth2030.
Excellence,
En cette année 2026, l’Organisation des Nations-Unies célèbre son quatre-vingt-unième anniversaire, le Programme d’action mondial pour la jeunesse entame sa quatrième décennie d’existence, la Stratégie Youth2030 poursuit sa huitième année de mise en œuvre, et le Bureau des Nations Unies pour la Jeunesse, créé par la résolution A/RES/76/306 de l’Assemblée générale et rendu opérationnel en 2023, achève sa quatrième année d’activité. Ce faisceau d’anniversaires m’offre l’occasion de vous adresser la présente contribution.
Permettez-moi, tout d’abord, de saluer le leadership dont vous faites preuve à la tête du Bureau des Nations Unies pour la Jeunesse, ainsi que les efforts remarquables engagés par les Nations Unies en faveur d’une participation plus significative des jeunes à la gouvernance mondiale.
J’ai pris connaissance avec un vif intérêt de votre correspondance du 12 février 2026 relative à l’enquête mondiale intitulée « Comprendre les mécanismes d’engagement des jeunes au niveau national ». Je tiens à vous féliciter pour cette initiative, qui constitue une étape importante dans la mise en œuvre de la Stratégie Youth2030 et de la Boussole des jeunes des Nations Unies.
Toutefois, au regard des mutations profondes auxquelles notre monde est confronté, de la diversité des réalités nationales et régionales, ainsi que des attentes croissantes de la jeunesse mondiale, je souhaiterais, en toute humilité, soumettre à votre haute appréciation quelques propositions susceptibles de renforcer davantage l’efficacité, l’appropriation et l’impact de cette stratégie.
En effet, si la consultation des États membres constitue un exercice indispensable, elle gagnerait à évoluer progressivement vers un véritable mécanisme permanent de gouvernance collaborative, fondé sur une présence territoriale plus affirmée des Nations Unies dans le domaine de la jeunesse.
Cette évolution permettrait de rapprocher les politiques mondiales des réalités locales, de favoriser une meilleure appropriation par les États membres et de renforcer durablement le dialogue entre les Nations Unies, les gouvernements, les organisations régionales, les collectivités territoriales, le secteur privé et les organisations de jeunesse.
À cet effet, je me permets de soumettre à votre haute attention les propositions suivantes :
1. Décentraliser progressivement le Bureau des Nations Unies pour la Jeunesse.
La création de bureaux continentaux (Afrique, Europe, Asie-Pacifique, Amériques, Monde arabe et Océanie) permettrait une meilleure adaptation des politiques aux spécificités géographiques, économiques, sociales et culturelles de chaque région.
2. Mettre en place des représentations sous-régionales.
En Afrique, par exemple, des représentations pourraient être établies auprès des principales communautés économiques régionales (CEEAC, CEDEAO, SADC, EAC, UMA, IGAD), afin de favoriser la coordination des politiques de jeunesse au sein des espaces d’intégration régionale.
3. Désigner des points focaux nationaux permanents.
Chaque État membre pourrait disposer d’un point focal ONU Jeunesse, chargé d’assurer le dialogue permanent entre le Bureau des Nations Unies pour la Jeunesse et les institutions nationales compétentes.
4. Instituer une Conférence mondiale annuelle des Ministres de la Jeunesse.
Cette rencontre permettrait d’évaluer les progrès réalisés, de partager les bonnes pratiques et d’adopter des orientations stratégiques communes.
5. Organiser des conférences ministérielles sous-régionales.
Ces rencontres contribueraient à l’élaboration de feuilles de route communes répondant aux défis spécifiques de chaque espace régional.
6. Créer un Observatoire mondial de la jeunesse.
Cet observatoire assurerait un suivi permanent des indicateurs relatifs à l’emploi, à l’entrepreneuriat, à l’éducation, à la participation citoyenne, au numérique, à la culture, au sport, à la santé mentale et aux effets du changement climatique sur les jeunes.
7. Développer une plateforme mondiale numérique.
Cette plateforme favoriserait le partage des lois, politiques publiques, stratégies nationales, programmes, innovations et bonnes pratiques entre les États membres.
8. Instituer un Fonds mondial pour l’innovation et l’entrepreneuriat des jeunes.
Ce mécanisme permettrait de soutenir directement les initiatives entrepreneuriales des jeunes, les incubateurs, les start-ups, les coopératives et les organisations de jeunesse.
9. Élaborer un Indice mondial de gouvernance de la jeunesse.
Cet indice mesurerait les performances des États en matière de participation, d’insertion professionnelle, d’entrepreneuriat, de gouvernance, d’investissement public et d’inclusion des jeunes.
10. Renforcer les Conseils nationaux de la jeunesse.
Les Nations Unies pourraient accompagner les États dans la mise en place ou la consolidation de Conseils nationaux de la jeunesse représentatifs, démocratiques et pleinement intégrés aux processus décisionnels.
Excellence,
Je demeure convaincu que ces propositions pourraient contribuer à faire évoluer progressivement Youth2030 vers un véritable cadre mondial de gouvernance multiniveau, articulé entre les échelons mondial, continental, sous-régional et national.
Une telle évolution renforcerait l’efficacité des politiques publiques de jeunesse, favoriserait une meilleure prise en compte des réalités territoriales et consoliderait le rôle des jeunes comme partenaires à part entière du développement durable.
Je vous remercie très sincèrement de l’attention que vous voudrez bien accorder à cette modeste contribution, et demeure convaincu que, sous votre leadership, le Bureau des Nations Unies pour la Jeunesse poursuivra son rôle moteur dans la construction d’une gouvernance mondiale plus inclusive et plus proche des aspirations des jeunes.
Je vous prie d’agréer, Excellence, l’expression de ma considération distinguée.
Emmanuel OBAKAMBA OMBANA.
Acteur Jeunesse de la société civile.
Spécialiste des politiques publiques de jeunesse.






