Basile Gnassangoye, Gardien d’Olebe : Pourquoi la République gabonaise devrait-elle continuer à honorer ses gardiens du patrimoine culturel ?
Ils ne portent pas toujours d’uniforme. Ils ne siègent pas toujours dans les institutions. Pourtant, ils protègent aussi la Nation. L’histoire du Gabon s’écrit à travers ses Chefs d’État, ses Magistrats, ses Militaires, ses Élus et ses serviteurs de l’administration publique et Privée. Mais elle s’écrit aussi dans les Villages, sous les Toitures en paille et en raphia, autour des tables de palabre, là où les anciens transmettent un patrimoine qu’aucune loi ne peut remplacer.
C’est cette histoire que rappelle la mémoire de Basile Gnassangoye, natif du deuxième arrondissement de Franceville, figure respectée du Haut-Ogooué, gardien de l’OLEBE selon les témoignages de sa famille et de nombreux anciens de sa province, à l’exemple de M. Joachim Lekogo, ancien Maire de Franceville.
À travers son parcours, une question mérite aujourd’hui d’être posée à la République : ne devons-nous pas reconnaître davantage ceux qui consacrent leur vie à préserver notre patrimoine culturel et nos savoirs ancestraux ?
1 - Basile Gnassangoye, un homme de l’ombre au cœur du Haut-Ogooué.
Pour beaucoup d’habitants de Franceville, Basile Gnassangoye n’était pas simplement un ancien.
Il était une mémoire vivante.
Originaire du deuxième arrondissement de la capitale provinciale du Haut-Ogooué, il s’est imposé, dans les souvenirs de ceux qui l’ont connu, comme un homme profondément enraciné dans les traditions de sa terre.
La mémoire familiale rapporte qu’il entretenait une relation de proximité avec Fidèle Andjoua Ondimba, figure traditionnelle reconnue de la province, auprès de qui il aurait exercé un rôle de collaborateur dans les affaires coutumières.
Pour ceux qui ont partagé son quotidien, Basile appartenait à cette génération d’hommes qui servaient sans rechercher les honneurs.
2 - OLEBE : bien plus qu’une maison traditionnelle.
Dans l’imaginaire collectif, une case traditionnelle peut sembler n’être qu’un vestige du passé.
Pour les anciens du Haut-Ogooué, OLEBE représente bien davantage.
- C’est un lieu de palabre.
– Un espace de médiation.
– Un patrimoine vivant où les conflits trouvaient souvent un chemin vers l’apaisement avant d’emprunter celui des institutions modernes.
Selon les témoignages familiaux, Basile Gnassangoye y occupait une place centrale.
- Les anciens venaient échanger.
– Les familles venaient chercher conseil.
– Les jeunes venaient écouter.
– Dans cette Culture, la parole constituait déjà une forme de justice.
3 - Un savoir transmis pour protéger et servir
Les récits recueillis auprès de ses proches convergent vers une même conviction : Basile Gnassangoye possédait une connaissance approfondie des plantes médicinales et des savoirs traditionnels hérités de ses aînés.
Mais ce qui frappe le plus dans ces témoignages n’est pas seulement l’étendue de ses connaissances.
- C’est l’usage qu’il en faisait.
– Son savoir, disent-ils, servait à soigner.
– À protéger.
– À réconcilier.
– À sauver des vies.
Selon cette mémoire familiale, des habitants de tous horizons, ainsi que des personnalités locales, venaient parfois solliciter son écoute et ses conseils lorsqu’ils recherchaient une orientation face à des situations difficiles.
Pour ceux qui l’ont connu, cette disponibilité constituait l’une des marques les plus profondes de son engagement.
4 - Le Djobi, une culture portée comme un drapeau.
Le nom de Basile Gnassangoye reste également associé, dans la mémoire de sa communauté, au Djobi, tradition culturelle emblématique du Haut-Ogooué dont l’existence est documentée par plusieurs travaux historiques et ethnographiques.
À travers les cérémonies, les rassemblements traditionnels et les déplacements culturels, il aurait contribué à faire vivre cette identité bien au-delà de Franceville.
Chaque prestation devenait une vitrine culturelle.
Chaque déplacement participait au rayonnement du Haut-Ogooué.
Chaque transmission renforçait la mémoire d’un peuple.
5 - Quand la culture accompagne la fierté d’une province.
Le Haut-Ogooué ne s’est pas seulement illustré par son héritage culturel.
Il s’est également imposé comme une terre de grandes émotions sportives.
Durant de nombreuses années, le stade de Franceville est devenu l’un des symboles du football gabonais.
Dans les souvenirs de ses proches, Basile vivait ces moments comme une expression supplémentaire de l’attachement à sa province.
- Soutenir les Panthères du Gabon.
– Faire vivre la culture.
– Honorer sa terre.
Pour sa famille, ces engagements participaient d’une même mission : faire rayonner le Gabon.
6 - Les gardiens invisibles de la République.
L’histoire de Basile Gnassangoye Dépasse finalement son seul parcours personnel.
Elle ouvre un débat national.
Lorsque la République distingue ses serviteurs, elle honore légitimement les responsables politiques, les magistrats, les militaires et les grands commis de l’État.
- Mais la Nation repose aussi sur d’autres piliers.
– Les chefs traditionnels.
– Les gardiens des cultures.
– Les détenteurs des savoirs ancestraux.
– Les passeurs de mémoire.
– Les responsables coutumiers.
– Les pasteurs.
– Les imams.
Toutes ces femmes et tous ces hommes qui, souvent dans l’ombre, contribuent à préserver l’identité, la cohésion et les valeurs d’un peuple.
À travers Basile Gnassangoye, c’est cette catégorie de serviteurs de la Nation qui mérite aujourd’hui d’être regardée avec davantage de considération.
7- Une mémoire qui mérite d’être préservée.
Chaque ancien qui disparaît emporte avec lui une bibliothèque vivante.
- Des récits.
– Des gestes.
– Des langues.
– Des traditions.
– Des connaissances.
– Des repères.
À travers Basile Gnassangoye, c’est aussi la mémoire de nombreux gardiens encore présents dans les neuf provinces du Gabon qui appelle aujourd’hui à être documentée, transmise et préservée.
Car si les institutions construisent l’État, ce sont aussi les gardiens de la mémoire qui contribuent à construire la Nation.
Et une République qui protège son patrimoine humain protège également son avenir.
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