"Ali Bongo : Une interview vide de sens"
Ali Bongo, votre "douleur intacte" exprimée dix ans après est une insulte.
Cette nouvelle sortie, à travers une interview insensée au moment où le Gabon connaît une période de festivités en ce mois d’Août 2026, est un nouvel échec de votre part. Même sur le banc de touche, vous parvenez à faire preuve de cette maladresse qui semble être gravée dans votre ADN.
À chacune de vos sorties, vous insultez les Gabonais, vous insultez le Gabon, un pays qui vous a mis une Louche en or dans la bouche. Comment peut-on être aussi inhumain ?
Où était donc, en Août 2016, votre fameuse douleur évoquée dans cette interview ? Quand des jeunes étaient arrêtés, torturés, portés disparus ? Quand vous coupiez Internet pour cacher la vérité au monde ? Quand l’Assemblée nationale brûlait ?
Vous dites : "l’État a réagi".
Mais l’État, c’était vous. Vous étiez le Chef de l’État, le Chef des armées. Assumer, c’est dire : "J’ai donné l’ordre". Se cacher derrière "l’État", c’est fuir vos responsabilités.
Vous dites : "j’aurais souhaité davantage de dialogue". Pourtant, le dialogue, vous aviez les moyens de l’organiser avant, pendant et même après ces violences. Or, vous aviez choisi la loi du plus fort, vous aviez choisi les balles et les arrestations. Vous aviez choisi de proclamer de faux résultats que même certains de vos proches trouvaient inacceptables.
Tout le monde se souvient de la fuite de Séraphin Moundounga qui, sentant sa vie en danger après vous avoir dit de reconnaître votre défaite, avait dû quitter son pays.
Dans votre interview sur mesure, vous dites : "Aucun pouvoir ne vaut une vie gabonaise".
Alors pourquoi vous êtes-vous accroché au pouvoir avec le sang ? Les Gabonais n’ont besoin ni de vos condoléances tardives, ni de vos larmes de crocodile. Ils ont besoin de vérité, de justice et des corps de leurs enfants. Le peuple mérite mieux que des regrets qui ne valent rien du tout, 10 ans après.
Reconnaître qu’il y a eu des morts est un premier pas. Mais ce n’est pas suffisant.
En 2016, le Gabon a basculé parce que la transparence a manqué et parce que la loi du plus fort a primé sur la vérité. Dire aujourd’hui "la proportionnalité fait débat", sans dire qui a donné les ordres, c’est entretenir le flou. C’est cacher la vérité. Si Ali Bongo pense sincèrement "qu’aucun pouvoir ne vaut une vie", qu’il le prouve.
Qu’il accepte de témoigner devant une commission vérité et réconciliation. Qu’il lève le secret sur ce qui s’est passé au QG de Jean Ping ! Qu’il demande pardon au nom de l’État qu’il incarnait.
Ali Bongo affirme que sa douleur reste intacte.
Et la douleur des Gabonais alors ? Et celle des familles des disparus ? 10 ans pour dire "j’aurais souhaité le dialogue". Mais zéro seconde pour dire "pardon, c’est de ma faute, j’étais le chef suprême". C’est une nouvelle insulte à l’endroit du peuple gabonais.
Maixent Georges NTOUTOUME-NDONG.
Journaliste/Ecrivain






