Football Gabonais : "non, le Député du 2ème arrondissement de Makokou n’a pas fait une sortie de piste"
Il fallait s’y attendre. Dès que le Député du 2ème arrondissement de la commune de Makokou a fustigé, à la tribune de l’Assemblée Nationale, la mauvaise gestion du football gabonais, certains journalistes autoproclamés défenseurs du temple se sont empressés de dégainer les mots faciles : "populiste", "sortie de piste", "buzz". Une réponse paresseuse qui évite le débat de fond. Car ce que le Député a dit n’est pas du populisme. C’est un constat. Cru, froid, mais réel.
Que reproche-t-on au Député ? D’avoir dit tout haut ce que tout le monde vit tout bas ?
Reprenons les faits dénoncés :
1. Un championnat national en dent de scie depuis 8 ans. C’est faux ? Quel Gabonais suit aujourd’hui avec passion le National-Foot 1 ? Un championnat qui démarre en retard, s’arrête sans raison, reprend sans calendrier fixe. Comment construire des clubs compétitifs, former des jeunes, attirer des sponsors dans un tel amateurisme structurel ?
2. Des tournois alibis pour plaire à la FIFA et à la CAF. Le Député a eu le courage de dire ce que beaucoup de techniciens murmurent : organiser à la hâte des tournois féminins dans les provinces, juste pour cocher la case "développement du football féminin" dans les rapports FIFA/CAF et s’assurer les subventions, n’a jamais développé le football gabonais. Où sont les académies féminines pérennes ? Où est le championnat féminin structuré ? Nulle part.
3. Des résultats des Panthères qui n’honorent pas le pays. Voilà plus de trois CAN auxquelles le Gabon participe sans aucune ambition réelle. On se qualifie difficilement, on sort au premier tour, et on revient avec des discours de consolation. C’est cela honorer le Vert-Jaune-Bleu ?
Le Député va plus loin et propose une solution radicale : après la CAN 2027, l’Etat devrait avoir le courage d’arrêter, de mettre le football à plat et de tout reconstruire. Une provocation ? Non. Une thérapie de choc nécessaire face à un président fédéral qui est à la tête de la FEGAFoot depuis plus de huit ans sans aucune politique lisible qui produise des résultats.
Alors, que font certains de nos confrères ? Au lieu d’aller vérifier, d’enquêter sur la gestion financière, sur l’état réel du centre technique de Bikélé, sur le sort des subventions FIFA Forward, ils attaquent l’homme. Ils traitent le Député de populiste depuis le confort de leurs rédactions ou de leurs pages Facebook monétisées.
Le journalisme n’est pas de défendre un clan ou un président de fédération. Le journalisme, c’est de confronter les discours à la réalité du terrain.
Et la réalité du terrain, c’est celle décrite par le Député de Makokou.
Quand le championnat est moribond, quand les sélections de jeunes ne franchissent plus rien, quand les joueurs locaux fuient vers des championnats de seconde zone pour 200.000 FCFA, ce n’est pas une "sortie de piste" que de le dénoncer à l’Assemblée Nationale. C’est le rôle même d’un élu de la Nation.
À ces journalistes qui crient au populisme, nous posons une question simple : en huit ans de gestion, quelle est la politique fédérale qui a fait progresser le football gabonais ? Qu’ils nous donnent un seul indicateur au vert.
S’ils n’en ont pas, qu’ils aient au moins l’honnêteté de reconnaître que le Député a raison.
JB






