Election : Seul candidat en lice : l’exemple de la FIF prouve que la candidature unique n’est pas une invention du Gabon et de la FEGAFOOT
À la Fédération ivoirienne de football, la succession à la tête de l’institution semble, pour l’heure, prendre une tournure favorable au président sortant. Yacine Idriss Diallo a déposé son dossier pour un nouveau mandat alors que les autres candidatures annoncées n’avaient pas encore été officiellement enregistrées à la clôture de la période de dépôt.
La bataille pour la présidence de la Fédération ivoirienne de football (FIF) pourrait finalement ne pas donner lieu au duel attendu. Yacine Idriss Diallo a officialisé sa candidature lundi 10 août 2026, au siège de l’instance, à Treichville.
Le dirigeant ivoirien, qui souhaite conserver les commandes de la Fédération pour quatre années supplémentaires, a effectué cette démarche quelques heures avant la fin de la période réglementaire fixée à 16 heures.
Au moment de ce dépôt, aucune confirmation officielle ne faisait état de l’enregistrement des dossiers de Souleymane Cissé, président du Racing Club d’Abidjan, de l’ancien international Marc Zoro ou encore d’Ibrahim Diallo, maire de Djékanou, pourtant annoncés comme potentiels prétendants.
Cette situation alimente l’hypothèse d’un scrutin à candidat unique. Une hypothèse qui devra néanmoins être confirmée par la Commission électorale, seule habilitée à arrêter et publier la liste définitive des candidats.
Un boulevard vers le 12 septembre ?
Le prochain rendez-vous électoral est fixé au 12 septembre 2026 à Yamoussoukro. Si aucun autre dossier n’est finalement retenu, Yacine Idriss Diallo se retrouverait seul face aux électeurs de la FIF.
Une réélection lui permettrait de prolonger son action jusqu’en 2030 et de poursuivre les réformes engagées depuis son arrivée à la présidence.
Cette perspective s’explique notamment par les nombreux rapprochements intervenus au cours des dernières semaines au sein de la famille du football ivoirien.
Le retrait de Malick Tohé change la donne
Parmi les événements ayant marqué cette période figure le retrait de Malick Adam Tohé, premier vice-président de la FIF.
Après plusieurs séances de concertation et une médiation menée avec l’intervention de personnalités du football ivoirien, Malick Tohé a annoncé son retrait le 30 juillet, lors d’une réunion du Comité exécutif.
Cet accord aurait été accompagné d’engagements portant sur la gouvernance de la Fédération et sur les responsabilités susceptibles d’être confiées au premier vice-président dans l’hypothèse d’une réélection de Yacine Idriss Diallo.
Pour les protagonistes, cette entente devait contribuer à préserver la cohésion au sein de la FIF et à éviter une confrontation interne susceptible de fragiliser l’institution.
Le poids déterminant des parrainages
L’éventualité d’une candidature unique remet en lumière un élément central du processus électoral : les parrainages.
Dans les fédérations sportives, obtenir le soutien des électeurs habilités constitue généralement une condition essentielle pour pouvoir participer au scrutin. Ce mécanisme permet de mesurer la capacité d’un candidat à rassembler autour de son projet.
Le parrainage remplit également une fonction de contrôle. Il contribue à limiter le nombre de candidatures ne disposant pas d’un minimum de soutien au sein de la famille sportive.
Il permet ainsi de rechercher un équilibre entre ouverture du processus électoral, représentativité et respect des critères réglementaires.
FIFA et CAF : un cadre de gouvernance à respecter
Le fonctionnement électoral des fédérations nationales s’inscrit dans un environnement réglementaire plus large.
Les associations affiliées à la FIFA doivent notamment veiller à ce que leurs statuts et leurs procédures internes restent compatibles avec les principes de gouvernance établis par l’instance internationale.
La CAF applique elle aussi des règles destinées à encadrer le fonctionnement des fédérations africaines. Les textes nationaux doivent donc s’inscrire dans ce cadre tout en conservant leurs propres dispositions organisationnelles.
Une équipe renouvelée pour accompagner le projet
Au-delà de sa propre candidature, Yacine Idriss Diallo a choisi de revoir la composition de son équipe dirigeante.
Plusieurs personnalités ne figurent plus dans la nouvelle configuration annoncée, notamment Cyrille Domoraud, Bonaventure Kalou, Christiane Ezoua et Malika Diakité Tanny.
À l’inverse, certains responsables devraient poursuivre leur mission aux côtés du président sortant. Parmi eux figurent Malick Adam Tohé, Ouattara Sié Abou, le colonel Mamadou Koné et Salif Bictogo.
La nouvelle liste fait également apparaître plusieurs entrants. Abdoulaye Diallo, fils de l’ancien président Augustin Sidy Diallo, Issouf Bamba, Sylvie Touré, journaliste et directrice de la Communication à la Primature, ainsi que François Youl Sansan font partie des nouveaux profils présentés.
L’objectif affiché est de réunir des responsables expérimentés et de nouvelles compétences autour de la prochaine équipe fédérale.
La victoire à la CAN 2023, un bilan difficile à ignorer
Pour défendre son bilan, Yacine Idriss Diallo peut surtout s’appuyer sur les performances des Éléphants.
La Côte d’Ivoire a remporté, à domicile, la Coupe d’Afrique des nations 2023, dont la phase finale s’est achevée en février 2024. Ce succès a permis aux Ivoiriens de décrocher leur troisième titre continental.
La qualification de la sélection pour la Coupe du monde 2026 constitue également un autre élément important du bilan sportif présenté par la direction actuelle.
Au-delà des résultats, le mandat a été marqué par une volonté de restaurer un climat plus stable autour de l’équipe nationale et de renforcer l’accompagnement du football ivoirien.
La FIF met également en avant les efforts entrepris en matière de modernisation de son fonctionnement et de soutien au développement du football local.
Une ambition désormais tournée vers la scène internationale
Âgé de 65 ans, le président de la FIF entend également renforcer son influence au-delà des frontières ivoiriennes. Son intégration au Comité exécutif de la Confédération africaine de football, en avril 2025, a constitué une étape supplémentaire dans cette trajectoire.
Yacine Idriss Diallo aurait désormais pour ambition de franchir un nouveau cap en visant un siège au Conseil de la FIFA. Une perspective qui bénéficierait, selon les informations avancées dans son entourage, du soutien des autorités ivoiriennes.
Cette ambition internationale accompagne donc son projet de rester aux commandes de la FIF.
En attendant la décision de la Commission électorale sur les dossiers déposés, le scrutin du 12 septembre 2026 à Yamoussoukro demeure le prochain grand rendez-vous. Si aucune candidature concurrente n’est validée, Yacine Idriss Diallo pourrait aborder cette échéance avec une avance politique considérable.
Par MBOUTSOU/CCPMBDE






