Le ROSCEVAC dit non à l’interdiction d’exploitation de l’Okoumé par l’UE
Dans un courrier daté du 30 novembre 2024, et en réponse au courrier de l"Union Européenne du 26 novembre 2024, dont l’objet est : "CoP20 de la CITES — Consultation sur l’inscription éventuelle de l’Aucoumea klaineana à l’annexe II de la CITES" pour Guinée équatoriale, Cameroun, Congo et Gabon. Le Président de Croissance Saine Environnement, Nicaise Moulombi répond estimant qu’au Gabon, l’espèce n’est pas rare et vraisemblablement pas vulnérable. En soutien à sa gestion plus durable, il est recommandé la mise en place de réseaux de dispositifs représentatif pour suivre la dynamique et la pratique d’une sylviculture permettant de favoriser la régénération de pieds d’okoumé de qualité.
Libreville, le 30/11/2024
Le Président
Aux Membres du Groupe d’Examen Scientifique (SRG) des Etats membres de l’Union Européenne Belgique
OBJET : Note de position relative à la CoP20 de la CITES-Consultation sur l’inscription éventuelle de l’Aucoumea klaineana à l’annexe II de la CITES.
Dans le cadre de sa préparation de la 20ème conférence des parties à la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CoP 20 CITES), l’Union Européenne a adressé aux autorités de gestion CITES des Etats de l’aire de répartition de l’Aucoumea klaineana (Guinée Equatoriale, Cameroun, Congo, Gabon) en référence à la notification CITES n°2004/062 aux parties, la note référencée Ares(2024)8396042 datée du 26/11/2024.
Le Réseau des Organisations de la Société Civile pour l’Economie Verte (ROSCEVAC) fort de son implication dans le suivi de la mise en œuvre des politiques publiques des secteurs forêt et bois des pays cités en général et de celles du Gabon en particulier, exprime sa profonde inquiétude de l’inscription éventuelle de Aucoumea klaineana à l’annexe II de la CITES dans un contexte d’incertitudes avérées pour les pays concernés.
Envisager la restriction de l’exploitation de cette espèce aura inéluctablement des conséquences néfastes sur les plans social et économique devant à terme aboutir à l’extinction de la filière industrielle du bois, avec des répercussions négatives sur le PIB, les emplois, les recettes budgétaires des Etats et les exportations d’une part, et sur le plan environnemental à travers la diminution drastique de l’exploitation de l’Okoumé dans les quatre (4) pays qui perturberait l’équilibre de la dynamique des écosystèmes suite aux efforts accrus sur les prélèvements des espèces de substitution peu promues à ce jour d’autre part.
En effet, l’exploitation de l’Okoumé a débuté à la fin des années 1890. Au Gabon, cette espèce encore majoritairement présente demeure à ce jour celle dont la biographique est la mieux décrite en termes de taxonomie et description botanique, de biogéographie des populations, d’écologie, de dynamique de croissance et déterminisme, de sylviculture, d’aménagement forestier, de marché du bois et de phytochimie. Ce constat est corroboré par les données des inventaires multi-ressources (exploration, aménagement, exploitation) dans les concessions forestières.
Depuis l’évaluation de la liste rouge de l’UICN réalisée en 1998, liste rouge synonyme de boycott des bois tropicaux, classant l’Okoumé comme vulnérable et bien qu’étant la plus exploitée en Afrique centrale, d’autres faits méritent d’être pris en compte dans ces quatre (4) pays.
Il s’agit notamment de (a) la généralisation de l’application de l’aménagement durable des concessions forestières, (b) la promotion de la certification forestière, (c) l’interdiction d’exportation de grumes dans les pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) ayant occasionné une perte sèche de revenus aux Etats appliquant cette mesure d’une part, et (d) la réalisation de certaines études thématiques sur la non extinction de l’Okoumé et l’importance économique de l’Okoumé à l’horizon 2030 dans l’espace COMIFAC et dont trois (3) parmi elles retiennent notre attention d’autre part.
Il s’agit de : Doucet Jean-Louis, Ligot Gauthier, Guidosse Quentin, Tosso Félicien. Evaluation du statut de vulnérabilité de l’Okoumé au Gabon. Novembre 2021, 68 pages.
Au Gabon, l’espèce n’est pas rare et vraisemblablement pas vulnérable. En soutien à sa gestion plus durable, il est recommandé la mise en place de réseaux de dispositifs représentatif pour suivre la dynamique et la pratique d’une sylviculture permettant de favoriser la régénération de pieds d’okoumé de qualité.
ATIBT – CITES Belgique. Compte rendu de réunion sur le Statut de conservation des espèces exploitées, l’élaboration des ACNP, les permis imports et perspective, le 06 Avril 2023, 34 pages
Banque Africaine de Développement. Rapport Pays Gabon, FAC-2030 : Vision stratégique et industrialisation de la Filière Bois en Afrique Centrale - Horizon 2030, Accroître / Sécuriser / Valoriser les Ressources en Bois, Mai 2018, 54 pages.
La note de l’Union Européenne étant adressée aux autorités de gestion CITES des Etats de l’aire de répartition de l’Aucoumea klaineana, ces derniers se chargeront de vous transmettre les informations demandées à savoir, (a) les détails de la distribution d’Aucoumea klaineana dans le pays, (b) les estimations et tendances de la population au niveau régional ou national pour l’espèce et les mécanismes de surveillance régulière des populations, (c) les modalités de gestion/règlementation actuelle de la récolte de cette espèce dans le pays, (d) les informations détaillées sur les mesures de gestion de l’utilisation durable de l’espèce à l’échelle nationale/régionale ou locale, (e) existence des plantations de l’espèce dans le pays et, dans l’affirmative, les informations sur leur ampleur et (f) la prévalence de la récolte et du commerce illégaux dans le pays.
Pour le Gabon, ces informations sont disponibles dans les trois documents référencés.
Toutefois, à l’observation, il apparait que les quatre (4) pays concernés ont mis en place des cadres législatifs incitatifs et pris des mesures courageuses garantissant la perpétuation de l’Okoumé. L’inscription éventuelle de l’Aucoumea klaineana à l’annexe II de la CITES ne pourrait être vécue que comme une sanction de plus pour ces pays à économie peu diversifiée et donc fragile.
Le Réseau des Organisations de la Société Civile pour l’Economie Verte (ROSCEVAC) n’est donc pas favorable à cette inscription prématurée et recommande en revanche que l’évaluation en cours de l’IUCN soit menée à son terme, que les principales conclusions de cette évaluation soient discutées avec les autorités de gestion CITES des quatre Etats d’une part, que soit également capitalisées les conclusions des études thématiques précitées, complétées par un financement UE d’un vaste programme de sylviculture de l’Okoumé dans les pays concernés.
Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de ma parfaite considération.
Nicaise MOULOMBI
Président Exécutif Croissance Saine Environnement
Président Exécutif du réseau des organisations de la société civile pour l’économie verte en Afrique. Membre représentant l’Afrique centrale au conseil d’orientation de l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD)
International visiteur leadership, département d’état américain (IVLP2014)
Deuxième Vice-Président du Conseil Economique Social et Environnemental du Gabon






