OGOOUE-MARITIME : Le département d’Etimboué sort ses cartes

19 juin 20170
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Le département d’Etimboué peut paraître ennuyeux et non distractif pour les habitués de la contrée, parce que ne présentant rien à priori. Davantage, les visiteurs s’évadent en voiture comme en pirogue. C’est un département qui se trouve dans la province de l’Ogooué-Maritime, dont le Chef lieu est Port-Gentil .Un département qui a de magnifiques sites et présente à la fois, des opportunités économiques. Il faut juste un coup de pousse. (Gabonews) :

L’on estime la population du département d’Etimboué à 10600 habitants installés à travers trois (3) cantons : Lagune Ngowé, Nkomi et Orembo Nkomi. Le territoire d’Etimboué occupe 12178 km2 d’espace au sud-ouest de l’Ogooué-Maritime. C’est une destination paisible. Ce département comprend aussi la commune d’Omboué et le district de Ndougou. Les Nkomi, Eshira, Varama, Lumbu et Ngowé peuplent celui-ci. L’appel aux visiteurs et aux potentiels investisseurs retentit comme les cloches de la mission catholique Sainte Anne du Fernan Vaz. « Je me suis vite adapté et, les gens sont hospitaliers » avoue Schidi, un opérateur économique mauritanien.

La situation économique du moment déjoue les entrées des commerçants qui disent passer des journées difficiles. Les recettes ont baissé, explique l’un des doyens des vendeurs au marché départemental à Omboué, Haladji Guinadou. Les autorités départementales ambitionnent de changer l’image des villages et surtout le quotidien des populations, mais elles font face des difficultés de trésorerie. L’enveloppe de 60 millions cfa octroyée par le département de Ndougou-Gamba, donne un peu de la force à Etimboué pour réaliser le projet de construction d’une case communautaire de passage au centre de Ndougou dont l’objectif est non seulement de développer la zone, mais aussi de créer de l’emploi local et renflouer les caisses du Conseil.

Il y a un excellent panorama dans ces villages, l’habitat moderne côtoie le monde rural. La nature retient longtemps le visiteur. Le département est accessible par voie fluviale, peu à peu, la route en chantier permet de découvrir d’autres sites à aménager. De Port-Gentil, chef-lieu de l’Ogooué-Maritime, le trajet est de 93 km jusqu’à Omboué, la route est encore fermée au public. Un véhicule tout terrain est conseillé pour affronter le sable d’Ozouri. Cette route va se prolonger au niveau de la nationale 1 au village Yombi à 25 km de Fougamou dans la Ngounié. Etimboué se partage entre le continent et les eaux de la lagune Nkomi et, il est également baigné par l’Océan. Le rêve de contemplation de la nature se fait de jour comme de nuit. Cela offre des opportunités d’investissements. « Il manque des loisirs à Omboué, nous les jeunes, sommes obligés de fréquenter les bars » confie avec dédain Roland.

Les travaux du tronçon Port-Gentil/Omboué permettent de rêver. De nombreux espoirs naissent déjà autour de cette voie. Mais pour plusieurs observateurs, Etimboué, c’est Omboué, Sainte Anne, Loango et Ndougou. « La voie est alternée de sable et de savane. Il faut nécessairement une voiture solide » constate Amaley. En pirogue sur la lagune Nkomi, la vue s’offre à l’église Sainte Anne, la grand-mère qui se fixe majestueusement au cœur du village Odimba depuis 1887. « L’implantation d’une pêcherie chez nous à Idjembo par Art Gold, nous fournissons à présent du poisson frais » souligne Marie Yvonne. Il n’y a pas que la pêche aux villages Oguedjo, BP, Batanga, Ossewé ou Ikengué, l’économique constitue un autre pan pour l’avenir d’Etimboué.

La beauté du paysage le long du voyage laisse deviner la carte touristique, économique et l’hospitalité des populations d’environ 50 hameaux dudit département. Dès les 1er pas sur le sol d’Etimboué, le visiteur brûle d’envie de boucler en peu de temps la ville d’Omboué. Et envisager rapidement de poursuivre sa découverte sur les célèbres terres du Père Bichet à la mission Sainte Anne. « Ici, c’est bien, on montre le bon encadrement, je me sens à l’aise » raconte Arlanne, un élève de l’école Sainte Anne. Etimboué a des merveilleux sites d’aventure et de dépaysement : Iguela, Gavilo, Liambissi, Enamino, Evengué ‘’Ile des gorilles’’ par exemple. La balade au parc national de Loango est toujours dans l’agenda du touriste et, s’ouvre sur une admiration des constructions de fortune et les maisons en bois. Les passionnés et professionnels de la photographie n’auront pas de temps de répit, car ils seront tentés d’immortaliser leurs séjours. Un déplacement dans Etimboué permet au touriste de connaître le côté socio-culturel surtout économique de cette partie de l’Ogooué-Maritime. Le randonneur pourrait faire un crochet par le village Ralié où on lui racontera des histoires sur le roi des Nkomi : Rengondo aux alentours du site pétrolier Oba. Dans cette aventure de découverte, la maitrise du volant est importante. C’est aussi l’agriculture qui se trouve comme activité phare du district de Ndougou, le village Atongowanga est un autre site agricole perdu dans des îles en face de la d’Omboué. Mais, Ndougou reste le véritable grenier provincial.

L’argent des populations provient de la pêche surtout des champs : banane, tubercule et taro. « Malgré le problème d’éléphants, nous refusons le découragement » confie l’ancien député, Pierre Mambana qui a créé une coopérative agricole « Gabon Vert ». Le conflit homme/faune fâche les populations locales. Avant l’arrivée du programme Graine dans le Fernan-Vaz, le président du Conseil départemental d’Etimboué, Michel Patrice Magoura Mboma sensibilise et initie des comités d’organisation des planteurs afin d’amener les cultivateurs à s’adonner davantage à leur travail et, appeler les autres à suivre le pas. Les activités agricoles et commerciales sont freinées à raison de l’état des routes départementales, ce que regrette le président du CDE.

Le département ne bénéficie pas d’une ligne budgétaire d’entretien des voiries, il manque beaucoup de commodités dans les villages d’Etimboué, fait remarquer un ancien élu du département. Le projet des énergies renouvelables va donner de la lumière, mais là aussi, il faut voir avec l’Etat ou des partenaires locaux notamment les sociétés opérant dans la zone pour revisiter le quotidien des habitants. « Il n’y a pas de cohabitation entre les travailleurs chinois et nous. Déjà, il y a un problème de communication et, l’exploitation des carrières de graviers ou de latérite se fait dans l’anarchie » s’insurge Sosthène Sambouni, un habitant de Ndougou. Etimboué a tout pour retenir le visiteur et attirer à la fois des opérateurs économiques de tous les secteurs, mais le budget du Conseil départemental est très faible : un peu plus de 300 millions de frs cfa.

Danny KOUELE TOLE

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