4ième édition de la Journée Internationale des Veuves

23 juin 20140
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Tribune de Sylvia Bongo Ondimba, Première Dame

« Avez-vous quelquefois aperçu des veuves sur ces bancs solitaires, des veuves pauvres, qu’elles soient en deuil ou non, il est facile de les reconnaître » (1).

C’est en ces termes que le poète Baudelaire interpelle le passant sur la précarité et la grande solitude des veuves. Qui, en effet, ne compatirait pas à leur sort, souvent d’ailleurs associé à celui de l’orphelin ? Pourtant sur les 250 millions de veuves recensées de par le monde, elles ne sont pas si nombreuses celles que notre empathie naturelle accompagne dans leur deuil et soutient dans leur reconstruction tant matérielle que personnelle.

La situation des femmes veuves, victimes de violences et de discriminations, est particulièrement alarmante. Au Gabon en particulier, 47% des veuves sont toujours victimes de maltraitance et de spoliation et seulement 21% d’entre elles entrent dans leurs droits (2). Elles doivent la plupart du temps redoubler de courage et d’énergie pour non seulement surmonter la perte de leur conjoint, mais aussi continuer à faire face à la société. Alors que leur vie se transforme en cauchemar, elles se retrouvent souvent être le seul soutien de leurs enfants, seules responsables d’une famille, d’un foyer.

Ces situations, qui privent leurs enfants, nos enfants à tous, d’espérance, d’éducation, et d’opportunités futures, ont un impact direct sur l’avenir de notre société. Pour cette raison, la protection de l’Etat constitue un jalon fondamental permettant de palier des conditions de vie parfois très difficiles et maintenir ces femmes dans la dignité.

Afin de donner une reconnaissance particulière à la situation des veuves, l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté une résolution le 21 décembre 2010, sur proposition du Gabon, proclamant le 23 juin « Journée internationale des veuves ». Ce lundi 23 juin marquera l’expression de la considération de tous les pays membres, et plus particulièrement du Gabon, envers ces personnes vulnérables et portera haut et fort des idéaux de fraternité, de solidarité et d’humanité.

La Journée internationale des veuves s’est concrétisée depuis l’adoption de la résolution par l’adaptation de la législation gabonaise et par la mise en place d’instruments concrets contre la violence, la pauvreté et la discrimination auxquelles sont régulièrement confrontées les veuves.

La Fondation Sylvia Bongo Ondimba oeuvre en ce sens, au quotidien, en fournissant depuis 2011 à travers sa « Cellule Veuves » une assistance juridique, administrative, psychologique et jouant un rôle de médiateur familial à près de 900 veuves. Avec le numéro gratuit 1455, ce sont également près de 200 000 appels qui ont été traités depuis quatre ans. L’Etat et les représentants du peuple ont également adopté de nombreuses mesures législatives et réglementaires en faveur d’une protection renforcée des droits du conjoint survivant, permettant notamment :

• aux ayants droit de l’agent public décédé de percevoir un capital décès ;
• au conjoint survivant et aux orphelins en butte à des difficultés de bénéficier d’une assistance judiciaire ;
• au conseil successoral de remplacer le conseil familial ;
• aux officiers de la police judiciaire d’intervenir en cas de “délit pour spoliation” ;
• au conjoint survivant ou à son représentant d’obtenir que l’acte de décès lui soit remis par l’officier d’état civil, au même titre qu’à la belle famille.

L’ensemble de ces mesures doit permettre de mieux garantir les intérêts des ayants droit et de leur assurer un meilleur accompagnement lors des formalités administratives et des procédures judiciaires effectuées après le décès d’un des conjoints. Par ailleurs, elles permettront également de rendre plus efficace le régime de l’aide sociale destinée aux veuves.

En ce 23 juin, je tiens solennellement à réitérer mon plaidoyer pour qu’au sein de nos familles, ces souffrances soient épargnées. La loi, si elle constitue un levier de protection incontournable, ne peut se substituer à l’humanité d’une famille, à la compréhension des proches et à la solidarité de toute la société.

Les veuves ont des droits, respectons-les.

Sylvia Bongo Ondimba
23 juin 2014

(1) Baudelaire Charles, Petits poèmes en prose ou le Spleen de Paris, 1862
(2) Source : Rapport Statistique de l’Etude : situation des femmes veuves au Gabon, 2011

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