Jean Ping : "Ali BONGO-ONDIMBA est un autocrate qui dirige le Gabon avec un groupe d’apatrides mafieux"

26 juillet 20140
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Jean Ping, ancien baron du PDG et ancien président de l’UA, récemment passé dans l’opposition a évoqué la situation politique du Gabon sur la télévision française France24. Extrait :

« Notre pays, le Gabon, va très mal et nous nous rendons compte que nous allons droit au mur et qu’il y a lieu de faire quelque chose : LE SURSAUT PATRIOTIQUE pour notre pays qui est au bord du gouffre avant qu’on ’arrive à des situations chaotiques [...] Nous constatons la mauvaise gouvernance politique avec à la tête du pays un président autocratique qui gouverne seul, entouré de la légion étrangère, un groupe de gens pratiquement apatrides et mafieux qui l’entourent et gouvernent notre pays [...] notamment Maixent ACCROMBESSI qui est le véritable président du Gabon et qui s’en vante, il a des liens avec le Gabon grâce à une récente naturalisation et tout le monde sait qu’il a une compétence très limitée et qu’il n’est pas du tout fidèle même à son président [...] L’opposition gabonaise est unie face à Ali BONGO ONDIMBA « parce qu’elle regroupe d’abord des gens que nous avons tous décidé de rassembler et ce sont des gens sûrs qui ne vont pas faire des va-et-vient entre la majorité et l’opposition [...] il y a quinze personnalités dans ce FRONT y compris André MBA-OBAME [...] et il y a des gens qui veulent rejoindre ce FRONT, beaucoup de gens et le FRONT est ouvert..., nous allons donc admettre ceux que nous jugerons à même de répondre aux préoccupations du FRONT avec des objectifs du FRONT et nous allons les admettre [...] L’objectif du FRONT c’est d’accompagner les actions civiques qui sont là : tous les jours il y a des grèves à Libreville, les étudiants sont exclus et emprisonnés, les syndicalistes font grève partout, ça ne va pas, c’est un constat, la situation est chaotique et insurrectionnelle [...] notre rôle est d’accompagner les Gabonais dans l’entreprise visant à restaurer la paix, la sécurité, la démocratie, l’Etat de droit, la bonne gouvernance […] gagner toutes les élections [...] Nous nous engageons sur principalement une seule candidature soutenue par tous et aussi sur la nécessité d’aller vers une véritable démocratie, un Etat de droit. Nous avons comme principe fondamental : UNE NOUVELLE RÉPUBLIQUE avec une véritable démocratie, une séparation des pouvoirs, l’Etat de droit, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption [...] si vous adhérez à ce principe fondamental ainsi qu’au principe d’alternance, nous pouvons vous accepter au FRONT [...] C’est le FRONT qui doit décider du candidat, tout le monde y pense surtout les gens qui sont dans l’opposition [...] Honnêtement, en ce qui me concerne, j’ai travaillé avec BONGO père jusqu’au bout [...] est-ce à dire que c’est parce que j’ai travaillé avec le père, je dois accepter les incubations du fils […], un comportement monarchique, les crimes, les assassinats, les crimes rituels, tout ce qui se passe aujourd’hui qu’on observe [...], est-ce que parce que j’ai travaillé avec le père, nous devons accepter que les finances de l’Etat deviennent la caisse privée, la caisse personnelle d’ACCROMBESSI et des autres au point où les décisions du pays ne relèvent plus de la trésorerie générale mais relèvent du palais, le budget est considéré comme une affaire personnelle, on dépense comme on veut [...], regardez des projets somptuaires, on détruit la cité de la démocratie pleine d’histoire pour y ériger un terrain de golf […], des projets démagogiques et mégalomaniaques de ce genre, doit-on les accepter parce qu’on a travaillé avec le père ? [...] L’élection présidentielle de 2016 dans la conception du pouvoir autocratique d’Ali BONGO-ONDIMBA ne peut pas être transparente et tout est mis en place pour qu’elle ne le soit : UNE JUSTICE AUX ORDRES, DES INSTITUTIONS qui travaillent pour le monarque [...] La Cour constitutionnelle, le Sénat, le ministère de l’intérieur tout est fait pour qu’un homme (Ali BONGO-ONDIMBA) même s’il a 5% [...] des voix doit être proclamé vainqueur [...] MAIS DANS CE CAS, NOUS ALLONS NOUS OPPOSER PAR TOUS LES MOYENS [...] y compris la force [...] Au Gabon, on va droit au mur, la mauvaise gouvernance économique, les entreprises sont arnaquées [...] Tous les opposants craignent pour leur vie parce que les précédents sont là, moi aussi, mais je crois qu’on meurt une seule fois et tout le monde finit par mourir »

Retranscription faite par le Dr Jean Aimé MOUKETOU, 26 juillet 2016, Genève Suisse.

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