Ndong Sima fustige le comportement de la police et des dirigeants, suite à une frustration

7 septembre 20170
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"Si nous sommes encore dans une République, nous devons tous nous obliger à en respecter les principes". Raymond Ndong Sima.

Le nouvel épisode issu de la crise politique au Gabon, c’est le désagrément que la PAF (Police de l’air et des frontières) a fait subir dans la nuit du 6 septembre à Raymond Ndong Sima, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2016. Les policiers avaient un doute sur sa liberté d’aller et venir. Frustré, l’auteur du livre "Quelle renouveau pour le Gabon ?" a dénoncé les faits dans une publication sur sa page Facebook.

Maladresses ou excès de zèle

La police de l’air et des frontières exécute un ordre de filtrage des citoyens gabonais qui veulent se rendre à l’étranger en application d’une mesure dite administrative récemment confirmée par le ministre de l’intérieur. Naturellement cette mesure n’a pas été notifiée aux intéressés et chacun doit venir découvrir à l’aéroport si son nom figure sur cette liste particulière. L’Histoire nous enseigne à quels types de dérives les régimes qui se sont engagés sur cette voie ont été conduits.

Pourtant, il serait bien plus simple de rendre cette liste publique ou, à défaut, d’en informer les personnes concernées pour éviter que des désagréments qu’on ne sait pas bien s’ils relèvent de maladresses, d’excès de zèle ou d’une flexibilité continue de la liste au fur et à mesure que les minutes et les heures s’égrènent. A moins bien sur qu’un tel désagrément ne soit l’un des objectifs visés.

J’ai régulièrement acheté un billet pour voyager le mercredi 6 septembre 2017. J’avais renouvelé quelques jours plus tôt mon passeport en me rendant physiquement à la direction de la Documentation. Aucune autorité policière ne m’a indiqué l’inopportunité de cette démarche. Je me suis bien présenté au comptoir de la compagnie où je me suis enregistré puis je me suis rendu vers l’espace réservé aux formalités de police. Un brigadier de police m’a alors demandé de me mettre sur le coté dans ce fameux couloir et, 45 minutes durant, j’ai attendu qu’il procède « aux vérifications ».
Scène surréaliste, car il n’y a pas d’autre mot pour la décrire, la police qui dispose d’une liste des personnes interdites de sortie du territoire, ne savait pas si je figurais sur cette liste ou bien était en train de se demander pourquoi je ne figurais pas sur cette liste et en référait à qui de droit. Il y aurait ainsi une liste écrite et une autre non écrite etc.

Beaucoup de personnes de mon âge ne supportent plus de rester debout au piquet aussi longtemps. La police n’a pas pensé à me donner une chaise pour m’asseoir en attendant l’aboutissement de ses investigations. Elle m’a au contraire exposé en spectacle devant tous les passagers qui empruntaient ce fameux couloir alimentant inutilement la rumeur d’une interdiction de sortie du territoire et même d’une arrestation. Quelques passagers m’ont ainsi pris discrètement en photo et ont posté ce qui leur est apparu le prélude à un remake.

Si nous sommes encore dans une république, nous devons tous nous obliger à en respecter les principes. La gestion de la chose publique ne peut pas se confondre avec celle des affaires personnelles. Je n’ai eu de cesse de le répéter. Les positions du moment ne sont pas des passe-droits aux règlements et lois en vigueur. Comme a prévenu Mandela : Un système légal injuste fait naitre le mépris pour les lois et ses règlements.
Quant à ceux qui se sont réjouis de ces désagréments, ils sont méprisables sans plus.

Raymond Ndong Sima

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