PRESIDENTIELLE 2016 : LES GABONAIS LA PEUR AU VENTRE Par TSONGA-MBICKA

20 September 20160
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Comme une mère enceinte, les Gabonais attendent patiemment ou impatiemment, c’est selon, l’accouchement de cet enfant dont la sage femme est la Cour Constitutionnelle. Ils angoissent. Ils stressent et parfois, ne savent plus à quel saint se vouer.

A genoux, les mains et les yeux rivés au Ciel, ils prient demandant à Dieu, par Jésus le Christ, de veiller sur le Gabon et sa population. Ce sont les chrétiens. A genoux, le front et les mains au sol, ils invoquent Allah, le Miséricordieux. Ce sont les musulmans. Tout le monde prie. Leur dénominateur commun ; demander au Seigneur de faire régner la Paix et que l’Amour du prochain soit la raison de vivre pour tous.

Quel enfant naîtra t-il de cette grossesse électorale ? La mère porteuse transpire. Elle a la nausée. Il arrive qu’elle perde l’appétit. La soif s’en va car le climat sociopolitique est délétère. Elle respire mal. L’enfant risque de subir des malformations. Les médecins doivent y veiller, la Sage femme en premier. La peur au ventre est bien présente. C’est une réalité. Les Gabonais sont à genoux et ils ont peur.

Autour de nous, ils sèment et vendent la peur

Cette peur, ils la communiquent pour garder le pouvoir
Les sans voix et les captifs sont logés dans des couloirs

Nous avons peur, ils répandent la terreur
Nous avons peur, il y a partout des voleurs
Nous avons peur, il y a eu beaucoup d’erreurs

Les erreurs de casting de nos dirigeants
C’est aussi le mauvais choix des militants

Nous avons peur et avons besoin de pasteurs
Qu’il nous vienne en aide, notre Créateur
Tout le monde ou presque crient et pleurent
Les gens ici et là, atteints des balles, meurent

L’angoisse et le stress sont réels et demeurent
Tout le monde craint et a véritablement peur
Les Gabonais sont tendus et ont mal au cœur

Tout semble vieux et silencieux
Nous avons besoin de prières, besoin de Dieu
Nos hommes politiques manquent de sérieux

Le Peuple, entre les mailles du filet, est pris en otage
Il en appelle au bon sens, au devoir de paix, à la raison
Que la cohésion sociale et le dialogue reviennent à la maison
Nous sommes épuisés des messes de requiem et ses oraisons.

C’est le cri des Gabonais, pour qui, le 31 aout 2016, restera à jamais gravé dans la mémoire collective. La grossesse est à terme. Plus que quelques jours seulement et la mère va enfanter. L’accouchement sera-t-il facile ? L’enfant naîtra t-il dans de bonnes conditions ? Comment l’appellera t- on ? Nous espérons le nommer Paix-Liberté, Cohésion Sociale, Démocratie, Voix du Peuple, Egalité, Dialogue...

La Sage femme est attendue au bassin de la mère qui se tord de douleur déjà. La Cour Constitutionnelle, la Mère et Gardienne des Lois, a le destin du Gabon et sa population entre ses mains. Qu’elle écrive l’histoire, celle du Droit, celle de la Vérité. La plume est entre ses doigts. Le dénouement sera celui dicté par la police de sa conscience pour que les Gabonais vivent sans avoir la peur au ventre .

J’ai écrit...

TSONGA-MBICKA

Source photo: AFP

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