GABON CRISE POSTELECTORALE / « La France n’est pas notre ennemie… » ( Jean Ping)

21 octobre 20170
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L’opposant gabonais Jean Ping s’est une nouvelle fois entretenu avec des journalistes au cours d’un déjeuner de presse organisé à son domicile ce vendredi 20 octobre. Il a donné sa version des faits sur l’intrusion d’un huissier de justice accompagné de plusieurs gendarmes encagoulés dans sa résidence et expliqué le sens de son dernier message à la diaspora, dans lequel il appelle ses compatriotes à cesser de pointer la France du doigt.

En cette matinée calme au quartier Charbonnages dans le premier arrondissement de Libreville, des journalistes de la presse internationale et locale se sont retrouvés autour de Jean Ping, le leader de « la Résistance », un mouvement lancé depuis les événements tristes survenus durant la dernière élection présidentielle qu’a connu le pays. L’opposant a raconté comment s’est déroulée l’opération des hommes encagoulés entrés chez lui de force avec un huissier pour saisir ses biens. L’ancien Président de la Commission de l’Union africaine estime que cette présence des forces de l’ordre cachait un but inavoué, celui de tester sa sécurité et surtout pour voir la réaction du peuple gabonais en cas de son arrestation ou de sa disparition physique. La saisie de ses biens, en rapport avec l’affaire de diffamation d’ Hervé Opiangah, un proche d’Ali Bongo, n’étant qu’un prétexte pour le nuire. A ce sujet, Jean Ping a déclaré avoir fait appel auprès du tribunal de Libreville où il avait été condamné à payer la somme de 600 millions de Fcfa. Cependant, il avoue ne pas attendre un jugement en sa faveur de la part de ce tribunal malgré les preuves désavouant les accusations qui lui sont faites.

La lutte contre le régime d’Ali Bongo ayant ces derniers temps braqué ses projecteurs sur l’Elysée, Jean Ping a récemment adressé un message aux résistants dans lequel il leur demande clairement de cesser leurs attaques contre la France. Le mutisme d’Emmanuel Macron sur la crise qui paralyse le Gabon exaspère la presse dite "libre" ainsi que plusieurs gabonais avides de changement. Ces derniers multiplient des attaques verbales contre Paris et demandent à la population de cesser de consommer les produits provenant de l’ancienne puissance coloniale afin de nuire aux intérêts de ce pays en terre gabonaise. Leur leader n’est pas pour cette pression contre "un partenaire historique". Pour lui, indexer les dirigeants français n’est pas une stratégie qui pousserait ces derniers à agir et surtout, « le véritable problème c’est Ali Bongo et non la France, nous ne devons pas nous tromper d’objectifs, estime-t-il, vous vous mobilisez pour combattre la France, mais que faites-vous contre Ali Bongo ? ». Malgré la tension planant sur le pays depuis un an, le calme y règne grâce aux violentes répressions des forces de l’ordre face aux manifestants. La violence policière semble avoir pris le dessus sur les partisans de l’opposition. Les dernières manifestations, marches et rencontres remontent à août dernier. La paralysie observée provient en grande partie des grèves des administrations publiques.

C.B

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