FRANCE-GABON : Ali Bongo de nouveau en baisse dans la presse française

7 juillet 20170
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Le dernier numéro de « Complément d’enquête » sur France 2 pourrait profondément nuire à l’image d’Ali Bongo Ondimba. Ce hors-série de plus de 50mn a mis en lumière une scolarité douteuse, son grand rêve pour la musique, le luxe et sa réélection fortement contestée.

Bongo-France, vers la fin de l’union sacrée…La diffusion de cette émission sur le règne des Bongo en dit long sur les relations actuelles entre Libreville et Paris. Les deux pouvoirs semblent être décidés à mettre fin à la Françafrique ou du moins aux relations entre le clan Bongo et les décideurs français. Depuis sa réélection contestée aujourd’hui encore, Ali Bongo Ondimba n’a toujours pas mis les pieds en France où ses compatriotes de l’opposition l’attendent de pieds fermes. Depuis la dernière élection présidentielle au Gabon, les autorités françaises autorisent les marches, les meetings et sit-in de la diaspora gabonaise qui ne cessent de crier au hold-up électoral et revendiquent l’installation de Jean Ping au pouvoir. Plusieurs observateurs estiment que si Libreville et Paris étaient en accord, les manifestations des Gabonais seraient interdites. Et ce numéro hors-série de Complément d’enquête diffusé sur France 2, aurait été moins dégradant pour le président gabonais. A l’évidence, on est tenté de penser qu’Ali Bongo n’a pas pu vendre sa vision à la gauche française. Depuis le Général De Gaulle, François Hollande est le premier président français à avoir achevé un mandat sans se rendre au Gabon. Emmanuel Macron pour sa part, entame son quinquennat avec ce document qui est une frappe contre le régime d’Ali Bongo, désormais qualifié de dictateur par la presse française.

« Le clan bongo, une histoire française », c’est le titre du numéro hors-série de l’émission Complément d’enquête, diffusée en soirée, ce jeudi 6 juillet sur la chaîne France 2. Cette télévision française a non seulement entrainé son public dans les couloirs de la Françafrique, mais surtout dans la vie d’Ali Bongo Ondimba, l’actuel chef de l’Etat gabonais. Depuis quelques jours, l’annonce de cette émission a fait monter la température sur les réseaux sociaux. Plusieurs minutes avant la diffusion, des messages de rappel circulaient encore. A Libreville, mêmes les clients de certains bar sont restés tard pour suivre l’émission autour d’un verre, sans doute pour avoir de nouveaux éléments afin d’alimenter leurs discussions entre amis.

La musique à la place de l’école

« Dans l’ensemble, j’avoue que j’étais pas un élève très motivé », a affirmé le président gabonais, au sujet de son parcours scolaire. Le journaliste chargé de l’enquête, après avoir entendu quelques anciens camarades de classe, estime qu’Ali Bongo était un écolier médiocre. Plus loin dans le document, le témoignage de Jean-Paul Benoit, haut fonctionnaire français, dévoile que l’Elysée - sous la demande d’Omar Bongo, agacé par les mauvais résultats scolaires de son enfant - avait ordonné d’octroyer le baccalauréat au fils du président gabonais. L’émission remet donc sur la table le doute sur le réel niveau d’études du chef de l’Etat gabonais tout en mettant en relief son rêve d’enfance, celui de devenir un grand artiste de musique. Une ambition qui apparaît tout au long de la diffusion comme le véritable obstacle à ses études. Le journaliste français Pierre Péan avait déjà émis un doute sur le doctorat en Droit que possède Ali Bongo Ondimba.

Ce hors-série de Complément d’enquête semble avoir été conçu spécialement pour nuire un peu plus à la réputation du président gabonais. Le document n’étale que ses excès, notamment son grand goût pour le luxe (les belles voitures, les belles maisons), son immense fortune ainsi que les dépenses exorbitantes de son épouse Sylvia Bongo. « Il passe ses week-ends à Londres où il s’offre le meilleur orchestre du monde pour faire de la musique », affirme le journaliste. Bien sûr, pour montrer que le clan présidentiel est peu préoccupé par le bien-être de la population gabonaise, l’équipe de reporters a diffusé des images sur la vie misérable d’une population d’à peine 1,8 millions d’habitants manquant de tout.

G.M.N

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