France : La Résistance Gabonaise rend hommage au capitaine N’tchoreré ce vendredi à Airaines

5 décembre 20160
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Paris, 5 décembre (Gabonews) - Le mouvement politique dénommé « La Résistance Gabonaise », à l’occasion de ses 100 jours de combat pour la démocratie au Gabon, rend hommage au capitaine Charles N’tchoreré, ce valeureux officier gabonais, exécuté en 1940 par les allemands pour défendre la France contre la barbarie nazie ce vendredi 9 décembre 2016 à 15 heures, à Airaines, commune française, située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Il est prévu, selon les organisateurs de cette cérémonie commémorative, l’allocution du maire d’Airaines devant le mausolée du capitaine Charles N’tchoréré, l’allocution d’un membre de la diaspora gabonaise de France, animation et collation avant le retour de la délégation des membres de la Résistance Gabonaise sur Paris.

Pour saluer toujours la mémoire de ce vaillant soldat, une marche pacifique aura également lieu ce samedi 10 décembre à partir de 11h à Paris. Elle partira de la Place des droits de l’Homme au Trocadero jusqu’à l’Ambassade du Gabon en France.

Loin de la folklorisation qu’on a collé aux soldats africains, la mémoire collective, devrait plutôt voir en eux, des soldats méritants, dignes d’être imités par les nouvelles générations de soldats et d’officiers africains post-indépendance, composant les armées indépendantes d’Afrique, qui brillent , dans la plupart des pays, plus par des coups d’Etat à répétition et des atteintes aux droits fondamentaux et à la confiscation des libertés individuelles de leurs concitoyens, provoquant des exodes des populations, et une précarité continue et entretenue.

On rappelle que Charles N’tchoreré est né en 1896 à Libreville au Gabon, d’un père notable Mpongwé de l’Estuaire. Il fait ses études primaires et secondaires d’abord au Gabon, puis au Cameroun où il est contraint, au terme de celles-ci, d’entrer dans la vie active. C’est ainsi, qu’il occupe un poste commercial au Cameroun. A la déclaration de la Grande guerre en 1914, il quitte la colonie allemande pour rejoindre son pays natal, le Gabon. En 1916, il se porte volontaire pour entrer sous le drapeau et aller au front. En 1918, c’est-à-dire, à la fin de la guerre, il choisit définitivement la carrière des armes. Distingué par son sérieux et son courage, il est promu adjudant en 1919, et prend part aux combats au Maroc.

Entré à l’Ecole d’officiers de Fréjus, dans le Var, en France, il en sort major en 1922. Désigné pour le Levant, le lieutenant N’tchoreré est gravement blessé lors des opérations en Syrie. Il est cité en 1925, à l’ordre de la division et décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent.
Après un bref passage au ministère de la Guerre, il demande à partir pour le Soudan, et prend à Kati, le commandement de la compagnie hors-rang du 2e RTS, dirigeant parallèlement l’Ecole d’enfants de troupes.

Promu capitaine en 1933, il est affecté au 1er régiment des tirailleurs sénégalais, à Saint-Louis du Sénégal, où il commande également l’Ecole d’enfants de troupes.

A la déclaration de la 2e guerre mondiale en septembre 1939, il demande à partir avec un bataillon de volontaires gabonais. Affecté au camp Souge, près de Bordeaux, il est envoyé sur le front de la Somme en Picardie au nord de la France, où il prend le commandement de la 7e compagnie du 53e régiment d’infanterie coloniale mixte sénégalais (RICMS).

Le 7 juin 1940, retranchés dans le village d’Airaines, près d’Amiens dans la région Picardie toujours, le capitaine N’tchoreré et sa compagnie, débordés par les assauts allemands, sont faits prisonniers, au terme des rudes combats. Pour avoir revendiqué d’être comme un officier, il est abattu à bout portant d’un coup de pistolet.

Un monument en mémoire du sacrifice et du courage de cet officier gabonais, mort pour défendre les libertés, la justice et la démocraties du peuple français et de la nation et des institutions françaises, contre les horreurs nazies, a été érigé dans le village d’Airaines près d’Amiens.

L’exemple de ce valeureux soldat, ainsi que plusieurs autres, montre que l’image des soldats africains, pendant les deux guerres mondiales, était loin des clichés et des stéréotypes, qu’on leur collait dans les manuels d’Histoire de l’époque coloniale.

Jarele SIKA

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